Diagnostics · 6 min de lecture

Diagnostic radon : est-il obligatoire, et combien coûte une mesure chez soi ?

Aucun mesurage de radon n'est imposé pour vendre ou louer une maison, même en zone 3 : seule l'information est obligatoire. Qui doit mesurer, et combien ça coûte.

CF
Camille Fabre
Mis à jour le 27 septembre 2026
Pièce de vie au rez-de-chaussée d'une maison en granit, murs de pierre et sol dallé en lumière naturelle
Non, il n'existe pas de diagnostic radon obligatoire pour une maison, ni à la vente, ni à la location. Si votre commune est classée en zone 3 (potentiel radon significatif), la seule obligation est d'en informer l'acheteur ou le locataire via l'état des risques. Le mesurage n'est imposé que dans certains établissements recevant du public (écoles, crèches, établissements de santé avec hébergement, etc.). Chez vous, le test reste volontaire et peu coûteux : un dosimètre avec son analyse en laboratoire se trouve généralement autour de 20 à 50 €. Obligation d'informer, oui ; obligation de mesurer, non : mais en zone 3, quelques dizaines d'euros suffisent pour savoir ce que vous respirez.

Pas de mesurage imposé pour une maison, mais une information obligatoire

Quand j'étais conseillère en rénovation, c'était l'une des questions qui revenaient le plus dans les secteurs granitiques. Tout le monde avait entendu parler du « diagnostic radon » et pensait devoir en commander un avant de vendre. Ce n'est pas le cas.

Le diagnostic radon ne fait pas partie du dossier de diagnostic technique. Pour un logement de particulier, que vous le vendiez, que vous le louiez ou que vous y viviez simplement, aucun texte ne vous oblige à mesurer la concentration de radon.

Ce qui existe, en revanche, c'est une obligation d'information. Depuis 2018, les vendeurs et bailleurs d'un bien situé dans une commune classée en zone 3 doivent signaler ce potentiel à l'acquéreur ou au locataire, en précisant l'existence du risque et les moyens de s'en protéger. Ça passe par l'état des risques, à remettre dès la première visite et daté de moins de six mois au moment de signer.

Concrètement, vous cochez la ligne radon et vous joignez le document au dossier. Aucun taux à indiquer, puisque personne ne vous demande d'en avoir mesuré un. Si vous n'avez jamais rempli ce formulaire, j'explique ici comment remplir l'état des risques (ERP) case par case.

Zone 1, 2 ou 3 : vérifier le classement de votre commune

L'arrêté du 27 juin 2018 range chaque commune française dans l'une des trois zones à potentiel radon, selon la nature de son sous-sol :

  • Zone 1 : potentiel faible.
  • Zone 2 : potentiel faible, mais avec des particularités géologiques locales (failles, anciens ouvrages miniers) qui peuvent faciliter la remontée du gaz vers les bâtiments.
  • Zone 3 : potentiel significatif. C'est la seule qui déclenche l'obligation d'information.

Environ 7 000 communes sont classées en zone 3. On les retrouve surtout sur les sous-sols granitiques ou volcaniques : Bretagne, Massif central, Vosges, Corse, et une partie des Alpes, des Pyrénées ou de la Normandie. Le classement se lit toutefois commune par commune.

Pour vérifier, le plus simple est de saisir votre adresse sur la page radon de Géorisques, le site officiel de l'État. C'est d'ailleurs la même logique que pour les zones où le diagnostic termites devient obligatoire : ce qui compte, c'est l'emplacement, pas l'âge ni l'état de la maison.

Qui doit vraiment mesurer le radon ?

Le mesurage obligatoire existe bel et bien, mais il vise des bâtiments où certains publics passent de longues heures. Le code de la santé publique l'impose dans plusieurs catégories d'établissements recevant du public :

  • les établissements d'enseignement, internats compris ;
  • les lieux d'accueil collectif d'enfants de moins de six ans, comme les crèches ;
  • les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux avec hébergement ;
  • les établissements thermaux et les établissements pénitentiaires.

Pour eux, la mesure est obligatoire en zone 3, et aussi en zones 1 et 2 si une mesure précédente a dépassé le niveau de référence. Elle est confiée à un organisme agréé et se renouvelle tous les dix ans. Les employeurs, de leur côté, doivent intégrer le radon dans leur évaluation des risques professionnels. Votre maison, elle, n'entre dans aucune de ces cases.

Combien coûte une mesure chez soi

Bonne surprise : c'est sans doute le test le moins cher de toute la maison. La méthode recommandée par les pouvoirs publics repose sur des dosimètres passifs, de petits boîtiers qu'on pose, qu'on oublie, puis qu'on renvoie à un laboratoire pour analyse.

  • Dosimètre passif avec analyse : de l'ordre de 20 à 50 € pièce selon le fournisseur. On en place généralement deux, un dans le séjour et un dans une chambre, donc moins de 100 € dans la plupart des cas.
  • Détecteur électronique à lecture directe : souvent plus de 100 €. Pratique pour suivre les variations au jour le jour, mais la référence reste la moyenne obtenue sur deux mois.
  • Mesure par un professionnel : comptez plutôt quelques centaines d'euros. Utile surtout si vous voulez un rapport à montrer à un acheteur.

Avant de commander quoi que ce soit, renseignez-vous auprès de votre mairie ou de l'agence régionale de santé. Dans les secteurs en zone 3, des campagnes de dépistage avec dosimètres gratuits ou à prix réduit sont régulièrement organisées par des collectivités ou des associations.

Petit dosimètre radon posé sur une étagère dans une chambre au rez-de-chaussée

Le protocole compte autant que le matériel. Le dosimètre doit rester en place au moins deux mois, en période de chauffe (entre mi-septembre et fin avril), dans les pièces de vie les plus basses de la maison. Un dosimètre posé en juillet, fenêtres grandes ouvertes, vous donnera un chiffre rassurant qui ne veut rien dire.

Le résultat s'exprime en becquerels par mètre cube (Bq/m³). On le compare au niveau de référence fixé par le code de la santé publique : 300 Bq/m³ en moyenne annuelle.

Au-dessus de 300 Bq/m³, que faire ?

D'abord, pas de panique. Aucun texte ne vous impose de travaux dans votre propre logement. Mais le radon est classé cancérigène pulmonaire depuis 1987, et l'IRSN estime à environ 3 000 par an en France les décès par cancer du poumon liés à l'exposition domestique. C'est la deuxième cause de ce cancer après le tabac. Ça mérite qu'on s'en occupe.

La logique est toujours la même : empêcher le gaz d'entrer, puis évacuer ce qui passe. On commence par les gestes simples, aérer tous les jours, colmater les fissures du sol et les passages de canalisations, vérifier qu'aucune entrée d'air n'est bouchée. Si ça ne suffit pas, on passe à la ventilation (du logement ou du vide sanitaire), puis, dans les cas tenaces, à un système de mise en dépression du sol.

Côté budget, les premiers gestes coûtent de quelques dizaines à quelques centaines d'euros. Une mise en dépression posée par un professionnel se chiffre plutôt en milliers d'euros. Dans tous les cas, on refait une mesure après travaux : c'est la seule façon de savoir si ça a marché.

Un point que je répétais souvent en rendez-vous : isoler et rendre une maison plus étanche sans revoir la ventilation peut faire grimper le taux de radon. Si vous avez un projet de rénovation en zone 3, réfléchissez au renouvellement d'air en même temps, par exemple en pesant le choix entre une VMC simple flux et une double flux.

Vendre ou louer en zone 3 : faut-il mesurer quand même ?

Juridiquement, non. Mais un acheteur qui découvre la ligne radon dans l'état des risques va souvent poser la question, et un résultat récent et bas le rassure bien plus qu'un simple « on n'a jamais eu de souci ». Pour quelques dizaines d'euros, c'est un argument de vente facile.

Et si vous avez déjà mesuré un taux élevé, mieux vaut le dire. Une information connue du vendeur et passée sous silence peut lui être reprochée après la vente. En clair : en zone 3, informer est obligatoire, mesurer est volontaire, et c'est souvent le meilleur rapport prix-tranquillité de tout le dossier.

Questions fréquentes

Un diagnostiqueur immobilier peut-il mesurer le radon ?

Certains le proposent en option, mais ce n'est pas un diagnostic du dossier de vente. Et comme la mesure dure au moins deux mois, il faut prévoir le coup bien avant de mettre en vente.

L'acheteur peut-il exiger une mesure avant de signer ?

Il peut la demander, pas l'imposer. Rien ne l'empêche de mesurer lui-même une fois propriétaire.

Ma commune est en zone 1 ou 2 : faut-il tester quand même ?

Rien d'obligatoire. En zone 2, des particularités locales peuvent toutefois faire monter le taux, surtout avec une cave en terre battue ou un sol ancien fissuré. Un test à quelques dizaines d'euros lève le doute.

Faut-il refaire la mesure régulièrement ?

Pas d'obligation pour un particulier. En revanche, refaites-la après des travaux qui changent l'étanchéité de la maison (isolation, fenêtres, ventilation), car le renouvellement d'air n'est plus le même.

CF
Autrice
Camille Fabre

Bonjour, moi c'est Camille Fabre. Après plusieurs années comme conseillère en rénovation énergétique, j'ai lancé Repères Maison pour aider les propriétaires à y voir clair : quels travaux prioriser, quelles aides demander, comment estimer et entretenir son bien sans se faire avoir.

Ici, pas de jargon inutile : des guides concrets, à jour, avec les chiffres et les sources. Mon objectif est simple, que vous preniez les bonnes décisions pour votre maison.

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