Énergie · 6 min de lecture

À combien mettre le chauffage la nuit ? La température idéale pièce par pièce

16 à 18 °C dans la chambre, un cran plus bas ailleurs : la température de nuit idéale, les exceptions (bébé, PAC, absence) et comment la programmer sans se tromper.

CF
Camille Fabre
Mis à jour le 5 août 2026

Comptez 16 à 18 °C dans une chambre pendant la nuit, avec 17 °C comme repère central conseillé par l'ADEME, et laissez le reste du logement redescendre autour de 16 °C. Baisser de deux à trois degrés pendant huit heures, chaque nuit, est l'un des rares gestes qui allègent la facture sans rien coûter et sans dégrader le confort.

La réponse courte : 16 à 18 °C dans la chambre

Si vous ne devez retenir qu'un chiffre, prenez 17 °C. C'est le repère donné par l'ADEME pour les chambres, contre 19 °C dans les pièces de vie occupées en journée. Autour de ce point, la fourchette confortable va de 16 à 18 °C selon votre sensibilité, l'épaisseur de la couette et le niveau d'isolation du logement.

Ce n'est pas une lubie d'économe. Le corps abaisse naturellement sa température interne au moment de l'endormissement, et une pièce surchauffée gêne ce mécanisme : on met plus de temps à s'endormir, on se réveille la nuit, on transpire. Trop froid, à l'inverse, et le sommeil se fragmente aussi. Entre les deux, il y a une zone assez large, et 17 °C tombe en plein milieu.

Remarque de terrain : beaucoup de gens qui dorment mal en hiver ont en réalité une chambre à 21 ou 22 °C, faute d'avoir jamais touché au robinet du radiateur. Trois nuits d'essai suffisent souvent à régler le problème.

Ce que vous gagnez réellement sur la facture

Le chiffre le plus solide du secteur, repris par l'ADEME et par le ministère de la Transition écologique, tient en une ligne : un degré de moins, c'est environ 7 % de consommation de chauffage en moins. Sur une baisse nocturne de deux à trois degrés appliquée huit heures par nuit, six mois par an, l'économie annuelle est loin d'être symbolique.

Deux précisions honnêtes, parce que ce chiffre est souvent mal utilisé :

  • les 7 % valent pour une baisse permanente, pas pour une baisse de huit heures : sur la nuit seule, le gain réel est plus modeste, mais il est bien là ;
  • plus le logement est mal isolé, plus il refroidit vite, donc plus la baisse rapporte... et plus la relance du matin coûte cher. Les deux effets ne s'annulent pas, le solde reste positif dans la grande majorité des cas.

Si votre poste chauffage vous semble anormalement lourd, le réglage de nuit n'est qu'un pansement. Le vrai sujet est souvent ailleurs, du côté de l'équipement lui-même ou de l'isolation.

Pièce par pièce, la nuit ne se règle pas partout pareil

Une consigne unique pour tout le logement est le réglage le plus courant, et le plus perfectible. La nuit, les usages sont très différents d'une pièce à l'autre.

  • Chambre adulte : 16 à 18 °C. Si vous dormez fenêtre entrouverte, coupez le radiateur de la pièce plutôt que de chauffer l'extérieur.
  • Salon, salle à manger : personne n'y est, descendez vers 16 °C. Inutile de couper franchement, la relance du matin serait plus coûteuse que le gain.
  • Salle de bains : 16 °C la nuit suffit largement, avec une remontée programmée une trentaine de minutes avant le réveil. C'est là que la programmation change vraiment la vie.
  • Couloir, entrée, cellier : ces pièces n'ont pas besoin d'être chauffées la nuit, et rarement le jour d'ailleurs.
  • Chambre inoccupée : autour de 14 à 16 °C. Ne descendez pas plus bas et n'arrêtez pas tout, sinon l'humidité s'installe et la moisissure suit.

Le seul plancher à ne jamais franchir, dans une pièce fermée et peu ventilée, c'est celui où les murs deviennent plus froids que l'air ambiant humide. La condensation se dépose alors sur les parois, et vous récupérez des taches noires dans les angles au printemps.

Les cas où l'on ne descend pas si bas

La fourchette 16-18 °C vaut pour un adulte en bonne santé. Quelques situations demandent un réglage plus tempéré.

Pour un nourrisson, la recommandation courante des professionnels de santé tourne autour de 18 à 20 °C dans la chambre, sans surchauffe et sans couette. Pour une personne âgée, une personne alitée ou convalescente, il vaut mieux rester proche de 19 °C : la thermorégulation est moins efficace, et le froid ressenti n'a plus grand-chose à voir avec le chiffre affiché sur le thermostat.

Dernier cas, plus fréquent qu'on ne croit : les passoires notées F ou G, où l'air peut afficher 17 °C pendant que les murs, eux, restent glacés. La sensation de froid est bien réelle et descendre encore n'a aucun sens tant que l'isolation n'a pas été reprise. Pour situer votre logement, notre guide explique comment décrypter les étiquettes d'un DPE.

Comment programmer concrètement, selon votre installation

Le réglage idéal dépend surtout de l'inertie de votre système : plus il met de temps à chauffer, moins il faut jouer au yo-yo.

Réglage d'un thermostat programmable mural pour abaisser la température la nuit

Radiateurs électriques

Utilisez le mode Éco ou Réduit, qui abaisse la consigne de trois à quatre degrés sous le mode Confort. Un programmateur, un fil pilote ou de simples radiateurs connectés font le basculement tout seuls : vous réglez une plage nuit, 22 h 30 à 6 h 30 par exemple, et vous n'y touchez plus de l'hiver. La réactivité compte beaucoup ici, comme le montre notre comparatif sur ce qui distingue vraiment un radiateur à inertie d'un convecteur.

Chaudière gaz avec thermostat

C'est le cas le plus simple. Un thermostat programmable, même basique, permet une consigne jour et une consigne nuit. Réglez la nuit deux à trois degrés sous le jour, et faites remonter environ une heure avant le réveil. Avec des radiateurs à eau classiques, la remontée est assez rapide pour que le décalage ne se sente pas.

Pompe à chaleur et plancher chauffant

Là, on change de logique. Une PAC travaille bien quand elle tourne longtemps à basse température, et un plancher chauffant met plusieurs heures à répondre. Une baisse nocturne brutale se paie en surconsommation le lendemain matin, quand la machine doit forcer pour rattraper. Contentez-vous d'un à deux degrés de repli, jamais plus, et oubliez l'idée de couper. Si vous hésitez encore sur l'équipement lui-même, nous avons comparé les deux options dans notre dossier sur le fait de garder une chaudière gaz ou basculer vers une pompe à chaleur.

Retenez la règle générale : plus votre chauffage est lent à réagir, plus la baisse de nuit doit être douce.

Les erreurs qui annulent le gain

  • Couper complètement le chauffage de tout le logement : le matin, la relance consomme souvent plus que ce que la nuit a fait économiser, surtout si le logement est mal isolé.
  • Pousser le thermostat à fond au réveil pour aller plus vite : un système de chauffage ne chauffe pas plus fort parce qu'on lui demande 24 °C, il chauffe juste plus longtemps, et il dépassera la cible.
  • Laisser le radiateur allumé sous une fenêtre entrouverte toute la nuit. Aérez cinq à dix minutes en coupant, c'est tout.
  • Régler la consigne sur un thermostat placé dans un couloir froid ou juste au-dessus d'un meuble : la mesure est fausse, et tout le reste avec.

Un dernier point souvent négligé : rideaux tirés et volets fermés la nuit limitent réellement les déperditions par les vitrages. C'est gratuit, ça prend trente secondes, et sur une maison très vitrée l'effet se sent au petit matin.

Questions fréquentes

Faut-il couper complètement le chauffage la nuit ?

Non, sauf absence longue. Couper fait chuter la température des murs et du mobilier, et il faut ensuite beaucoup d'énergie pour tout réchauffer. Une baisse de consigne, entre deux et trois degrés selon le système, est nettement plus efficace qu'un arrêt franc. Seule exception : une chambre où vous dormez fenêtre ouverte, où le radiateur ne sert effectivement à rien.

16 °C dans une chambre, ce n'est pas trop froid ?

Pour un adulte en bonne santé avec une bonne couette, non, c'est le bas de la fourchette confortable. Si vous vous réveillez avec le nez froid ou les épaules glacées, remontez à 17 ou 18 °C plutôt que de conclure que la méthode ne marche pas. Pour un nourrisson, une personne âgée ou une personne malade, restez plus proche de 19 °C.

Combien de temps avant le réveil faut-il relancer le chauffage ?

Environ trente minutes à une heure avec des radiateurs électriques ou à eau, et deux à trois heures avec un plancher chauffant, qui est très lent. Le plus simple reste de tester une semaine puis d'ajuster de quinze minutes dans un sens ou dans l'autre.

Et pendant une absence de plusieurs jours en hiver ?

Utilisez le mode hors-gel ou une consigne autour de 12 à 14 °C. Cela protège les canalisations et évite l'humidité, tout en réduisant fortement la consommation. Programmez une remontée quelques heures avant votre retour plutôt que de tout relancer en arrivant.

CF
Autrice
Camille Fabre

Bonjour, moi c'est Camille Fabre. Après plusieurs années comme conseillère en rénovation énergétique, j'ai lancé Repères Maison pour aider les propriétaires à y voir clair : quels travaux prioriser, quelles aides demander, comment estimer et entretenir son bien sans se faire avoir.

Ici, pas de jargon inutile : des guides concrets, à jour, avec les chiffres et les sources. Mon objectif est simple, que vous preniez les bonnes décisions pour votre maison.

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